OpenAI, piratage et littérature : un cocktail explosif pour l’entraînement de l’IA
On pensait les histoires dignes de George R.R. Martin réservées à « Game of Thrones »… Mais cette fois, ce sont les coulisses de la tech qui battent le pavé, et OpenAI tient le premier rôle ! Depuis quelques jours, le géant de l’intelligence artificielle fait face à une tempête judiciaire : plusieurs auteurs américains de renom accusent l’entreprise d’avoir téléchargé des milliers de livres piratés pour entraîner ChatGPT. Oui, vous avez bien lu, ChatGPT aurait dévoré bien plus que le contenu de Wikipédia ou de Reddit…
Bienvenue dans les méandres du droit d’auteur version 2.0, où dragons et avocats se partagent l’affiche. Prêts pour un tour dans cette saga moderne qui rebondit entre piratage, intelligence artificielle et fureur des écrivains ? Accrochez-vous, car ce feuilleton ne fait que commencer…
Le cœur du scandale : ChatGPT, auteur malgré lui… ou pirate invétéré ?
Impossible d’y échapper, le sujet fait la Une : OpenAI aurait eu recours à des livres téléchargés illicitement pour alimenter son célèbre robot conversationnel, ChatGPT. George R.R. Martin, l’homme derrière l’immense saga « Game of Thrones », et d’autres écrivains américains portent plainte devant la justice fédérale de New York.
Leur accusation ? Que l’IA de Sam Altman (the boss d’OpenAI) aurait pioché sans vergogne dans le pot de confiture des œuvres protégées, via l’un des sites de piratage les plus réputés du web, Library Genesis (LibGen pour les intimes).
Et si cette histoire vous donne l’impression d’un mauvais roman noir, sachez qu’OpenAI n’en est pas à son premier chapitre d’accusations autour de l’utilisation de contenus protégés sans autorisation…
Des preuves qui font froid dans le dos (et dans les serveurs)
Outre la plainte officielle, les écrivains disposent de solides arguments. On apprend notamment que certaines compilations internes chez OpenAI portaient initialement les doux prénoms de « Libgen1 » et « Libgen2 », parfait clin d’œil à leur provenance pirate, avant d’être sobresement renommées en « Books1 » et « Books2 ». Un changement de nom, mais pas de pedigree…
Comble de la discrétion, OpenAI aurait pris soin de faire disparaître ces précieuses compilations (pas très discret finalement). Un peu comme cacher l’épée Valyrienne sous le tapis de Winterfell, pour ceux qui suivent…
Mais ce n’est pas tout ! Un ancien employé, responsable de la qualité rédactionnelle des modèles GPT, aurait tweeté que l’un de ses objectifs était de faire écrire à l’IA les volumes restants de la saga « Game of Thrones ». On attend toujours la fin, George, mais apparemment ChatGPT s’active en coulisses !
« Fair use » à l’américaine : un parapluie… trop petit pour une tempête ?
Face à ces accusations, OpenAI sort l’artillerie lourde : la défense du « fair use ». Cette exception bien connue du droit américain permet, dans certains cas, d’utiliser des œuvres protégées sans en demander l’autorisation, à condition qu’il s’agisse d’un usage « raisonnable » et transformateur.
Dans le cas des IA, l’argument tient à ceci : on n’utilise pas les livres pour les republier à la virgule près, mais pour entraîner des modèles… qui, en théorie, ne font que s’inspirer des idées pour générer un nouveau contenu. Les avocats d’OpenAI affirment donc que leur IA, elle, ne reproduit jamais un chapitre de roman, mais apprend la logique du langage, le style, la structure narrative, etc.
Cependant, cette belle théorie échoue à résoudre une petite question toute bête : peu importe ce que fait la machine, comment est-ce que l’œuvre a été obtenue ? Et là, le bât blesse…
L’argument qui fait mal : le précèdent Anthropic
Pour ne pas se contenter d’une simple joute verbale, les écrivains citent un cas antérieur : en 2025, le concurrent d’OpenAI, Anthropic, s’est vu préciser par un juge que le « fair use » pouvait s’appliquer… uniquement si les livres avaient été acquis légalement (ce qui semble logique, non ?). En revanche, piocher directement dans une bibliothèque pirate, même à destination d’une IA, relève toujours de la violation du droit d’auteur.
En résumé : faire lire des romans à une IA n’est pas forcément illégal. Mais si les romans viennent du coffre d’Alibaba (ou de LibGen), là, ça craint autant devant la justice américaine que de n’avoir jamais lu la fin d’ »Harry Potter ».
Les écrivains passent à l’attaque : droit d’auteur contre super IA
L’offensive est menée par des poids lourds de la littérature. Outre George R.R. Martin, plusieurs autres auteurs américains ont uni leurs forces. Mais pourquoi maintenant ? Parce que, comme souvent, tout le monde s’est longtemps posé la question de savoir : mais d’où vient toute l’érudition de ChatGPT ?
Les écrivains évoquent non seulement l’exploitation de leurs œuvres sans autorisation, mais aussi le préjudice direct et la concurrence potentielle d’une IA capable d’écrire dans leur style… sans royalties ni sieste caféinée.
En filigrane, leur plaidoirie adresse un message à l’ensemble de la filière créative : jusqu’où l’IA a-t-elle le droit d’aller pour apprendre, et à quelles conditions ?
Quid d’OpenAI ? Silence radio, ou presque
On imagine bien le stress côté OpenAI : « On a juste voulu entraîner notre IA avec ce qu’il y avait de plus pointu dans la littérature mondiale, juré, c’était pour la science ! ». On rêve d’une conférence de presse où un responsable viendrait, la main sur le cœur et le doigt sur le clavier, répéter : « promis, la prochaine fois, on achète les bouquins ! ».
Mais pour l’essentiel, la communication officielle est centrée sur la défense du fameux « fair use » et sur l’ouverture d’un dialogue avec les ayants droits. Pour l’instant, aucune reconnaissance de faute, mais une rhétorique bien rodée sur l’innovation et la promesse de nouveaux garde-fous pour éviter les abus… la prochaine fois.
Pourquoi ce scandale secoue (encore une fois) le petit monde de l’IA ?
Si ce feuilleton fait autant de bruit, c’est parce qu’il pose LA question qui fâche : comment nourrir une intelligence artificielle aussi bavarde et érudite que ChatGPT sans s’attirer les foudres de tout le monde culturel ?
Entraîner un modèle aussi performant demande des milliards de mots… et jusqu’à présent, Internet fourmillait de trésors textuels, scripts, manuels… et donc aussi de livres piratés. Oui, mais voilà, quand les IA deviennent capables d’adopter le style (et parfois le génie) des auteurs contemporains, la frontière entre l’inspiration et la spoliation s’efface.
Les créateurs sont dans une position de plus en plus vulnérable : non contents de voir leur travail mouliné par des algorithmes, ils assistent à l’émergence de « nouveaux auteurs » IA, plus prolifiques, moins demandant en avances sur droits… et quasiment impossibles à poursuivre pour plagiat !
Et maintenant ? L’industrie de l’IA face à un mur… ou à un pont ?
La justice américaine devra trancher si entraîner une intelligence artificielle sur du piratage est une infraction à part entière, ou si OpenAI peut continuer à se cacher derrière le « tout est permis tant qu’on ne revend pas les livres tels quels ».
On voit d’ailleurs poindre un nouveau modèle : les éditeurs et plateformes d’IA devront-ils contractualiser, rémunérer, licencier les œuvres ? Faut-il interdire pêle-mêle les bases de données pirates ou imposer des outils de « tracking » du contenu ?
Une chose est sûre : le débat ne fait que commencer. Entre les intérêts colossaux liés à l’IA et ceux de la filière du livre, la négociation s’annonce corsée… qui a dit que la technologie met tout le monde d’accord ?
Petit lexique pour briller à l’apéro
- ChatGPT : robot conversationnel développé par OpenAI, capable de générer du texte et de répondre à (presque) toutes les questions. Sauf les spoilers des prochains « Game of Thrones »… enfin, officiellement !
- Fair Use : exception au droit d’auteur, très débattue aux États-Unis, qui permet certaines utilisations sans autorisation, sous condition d’usage « raisonnable » et « transformateur ».
- Library Genesis (LibGen) : un des plus grands sites de partage de livres piratés, dont le contenu fait fréquemment trembler auteurs et éditeurs.
Vers un monde où l’IA respectera le droit d’auteur : mythe ou futur proche ?
Cette affaire, c’est un peu comme un plot twist inattendu dans un roman de fantasy : elle redistribue les rôles, bouscule les alliances, et laisse tout le monde sur sa faim. D’un côté, impossible d’imaginer l’IA devenir le Giorgio Armani du roman policier ou le Shakespeare post-moderne sans une base d’entraînement solide. De l’autre, les créateurs veulent des garanties, une reconnaissance, et accessoirement, leur part du gâteau.
Une certitude : d’ici là, ChatGPT n’a pas fini de faire parler de lui… ni de lire, d’apprendre, et de générer quelques migraines juridiques à ses créateurs.
En attendant, si vous cherchez l’origine du prochain best-seller, regardez peut-être du côté des serveurs d’OpenAI. Qui sait, peut-être qu’une IA saura un jour écrire la suite, sans se faire taper sur les doigts (ou les octets).
Source : Presse-citron


